...Je sais la solitude et ce goût de sang dans la bouche,
Je sais l'amour qui meurt dans des souffrances horribles.
Je sais qu'à trop se retourner, on tourne le dos au bonheur.
Je sais les coeurs rouillés qui ne partiront plus en guerre.
Mais ne me demande pas..
Pourquoi il s'en va.
Je ne sais pas.
Il dit je t'aime, et ça brille si fort dans ses yeux. Il dit je t'aime, et il est là, tout le temps. Chaque jour, sa présence, chaque jour des petits mots, chaque jour au téléphone. Le temps passe, et leur bulle se ferme de plus en plus à l'extérieur.
Je me prends à penser que ces deux là ne se sépareront pas.
Jamais, jamais, jamais.
Une de ces vraies belles histoires d'amour qui durent toujours, des comme on en voit plus nulle part, ou si rarement. Une de celles qui malgré tous vos discours " l'indépendance n'a pas de prix" vous rendent jalouses les soirs ou votre amour à vous n'est pas là.
Ca allait faire un an. Sans tache, ou presque. Des disputes, peut-être. Des différences. Mais de l'amour à effacer tout ça.
Sauf que.
Un sms un peu froid. Un rien bizarre. Une inquiétude sourde qui naît.
Alors, elle l'appelle. Juste pour savoir ce qu'il se passe.
Et celui qui la serrait dans ses bras en lui murmurant des pour toujours à l'oreille le matin même lui dit qu'il ne l'aime plus.
Que c'est comme ça. Les sentiments se sont envolés. Partis. Elle ne sait pas comment, il ne sait pas ou, ni pourquoi. C'est fini.
Il a suffi de quelques minutes. Et tout est terminé. Une année d'amour envolée, éclipsée.
Sans une explication.
C'était celui de toutes les premières fois.
Premier baiser, premier je t'aime, première fois, premières vacances.
Les amis autour ? Disparus. Les loisirs ? Envolés.
Quelle importance ? Elle n'en avait pas besoin, puisqu'il était là.
16 ans, et un premier chagrin d'amour qui fond droit sur elle. Qu'elle n'avait bien évidemment pas vu venir, pas senti arriver. C'aurait été trop simple. Un premier chagrin d'amour, celui qu'on oublie jamais.
De ceux qui vous laissent au sol, pour longtemps. Au moins aussi longtemps que l'amour a duré.
Larmes, larmes, larmes.
Il parle d'une amitié, peut-être, plus tard.
Mais rien que ce terme donne envie de vomir.
Amitié.
On a rien à faire de l'amitié, quand on veut l'amour.
Elle ne mange plus.
Deux jours se passent, et c'est à se demander si la tristesse s'en ira un jour.
Bien sûr, le temps passera. La douleur s'atténuera. Le sourire reviendra. Elle sera un jour prête à aimer à nouveau le suivant. Le suivant qui la détruira, quand lui aussi s'en ira. Et la boucle sera bouclée. Comme toujours. Elle tombera comme seule une fille peut le faire. Mon sexisme à moi? Non, ma réalité. Ce sont toujours les garçons de 16 ans qui brisent le coeur des filles de 16 ans. Dans ma vie à moi, dans mon monde à moi. Et n'allez pas me dire que j'ai faux. J'aurais aimé.
Parce qu'on aime sans armure, sans mur érigé autour du coeur. Ca fait mal de la voir comme ça. Parce que cette douleur que je connais, est la pire que j'ai jamais connue. Et on ne peut rien, absolument rien contre cette douleur là. Le temps peut. Mais le temps qui passait si vite en sa compagnie s'éternisera. Des jours, des semaines, de longs mois. Une année peut-être. Et un jour, elle pensera à lui sans un pincement au coeur. J'y suis bien parvenue. Ne reste que la colère, certains jours, l'indifférence le plus souvent. Vous parlez d'une victoire de la vie..
Mais ses larmes promettent le contraire. Il a promis qu'il ne reviendrait pas. Qu'il était aussi sûr de ne plus l'aimer qu'il l'avait été de l'aimer pour toujours. C'est terminé, fini, enterré.
Le lendemain..
Parce que c'est un premier amour, celui à qui l'on passe et permet tout, celui qui a le droit de nous tuer le coeur à petit feu, parce qu'elle aussi pourrait tout lui faire qu'il reviendrait quand même..
Il passe la porte, l'air penaud. La serre dans ses bras, sort de jolis bijoux de sa poche.Pour les un an. Pleure aussi.
L'amour est revenu, ou n'est jamais parti. Une grosse tache au milieu de leur histoire, mais il est à nouveau là.
Pour toujours, ou quelques jours. On en sait rien. Il promet la vie, évidemment. Il y croit sûrement sur le moment. Moi pas, moi plus. La mort d'un premier amour, ça te détruit la certitude. Celle que l'amour toujours existe encore.
La fin n'est pas la fin.
Pas cette fois en tout cas.
La seule chose que j'espère aujourd'hui, c'est qu'elle cessera de l'aimer avant que lui ne le fasse.
Je ne crois pas/plus à ses promesses.
Mais je crois en la douleur qu'elles peuvent provoquer.
Je pense que je n'y ai jamais vraiment cru.
Sans savoir si c'est parce que c'est lui. Ou si j'aurais eu la même appréhension s'il avait été un autre.