De moi.. J'en peux plus.

...
.

Est ce que nos peurs valent à ce point la peine, pour exiger aussi peu de nous même ?


Ah je peux bien faire la fière. Dire qu'il y à longtemps, j'ai décidé sur un coup de tête de remiser mes peurs, de les envoyer balader à jamais. Je ne sais pas qui j'ai tenté de leurrer. Les autres, mais moi surtout.
Quelle idiote.

J'ai peur d'un peu trop de choses. Quand je fais un pas en avant, c'est pour en faire deux en arrière ensuite. Je m'entoure de gens que j'admire, peut-être juste pour le plaisir. De me sentir cruche, de me sentir bête, insignifiante.
Je vois leur réussite, et mes échecs. Je pourrais réagir, mais.. Tout ce que je fais, c'est me laisser couler. Tout doucement, tout doucement.
Ne pas essayer m'empêche de ne pas y arriver.

J'ai entamé des études qui ne me plaisent pas. Dans les quelles je m'ennuie. C'est le cas d'un tas de personnes qui se sont inscrites cette année. Et qui vivent ça parfaitement. Elles se sont trompées, mais qu'importe, l'année prochaine, elles essayeront autre chose. Ca ne les empêche pas de se sentir bien dans leur peau, intelligentes, sûres d'elles. Alors que moi.. Je me persuade d'être une sous merde, pas fichue d'arriver enfin à quelque chose. Incapable de me raisonner et de me dire qu'au fond, ça n'a aucune importance : je me suis trompée de voie, je trouverai autre chose. Mais non, non.. une petite voix me répète inlassablement à quel point je suis idiote. Et là, il n'y a plus qu'à faire l'autruche, et attendre en serrant les dents qu'un brin d'estime me revienne. Tu parles, je peux l'attendre longtemps.

L'année prochaine, ça ira mieux. En tout cas, je l'espère, parce que c'est déjà ce que je pensais l'année dernière.

J'aimerais pouvoir admettre qu'une erreur, ça n'est rien. Qu'on s'en fout, que la vie est encore longue, et qu'on peut toucher un peu à tout avant de se fixer. J'aimerais.. mais je n'y arrive pas. Je pense à lui qui réussit systématiquement tout ce qu'il entreprend. Et je l'admire. En me demandant vraiment ce qu'il peut bien trouver de si bien en moi, pour rester amoureux.


Je vais bien, tout va bien, je vais bien, tout va bien.

Est ce qu'un jour, ça ira mieux ?
Est ce qu'un jour, j'accepterai le fait de ne pas être dévorée par l'ambition, d'avoir juste l'envie d'être heureuse ?
Parce qu'au fond.. Les études, je n'ai jamais aimé ça. Et qu'il n'y à rien de mal à ne pas se plaire à l'unif, ni à chercher des études qui ne comportent ni langues, ni mathématiques. Il n'y a rien de si honteux à vouloir s'enlever d'éventuels batons dans les roues. Alors pourquoi je n'assume pas ?

J'voudrais apprendre à me moquer du regard des gens.


Et plus que tout, je voudrais retrouver mes mots.
Ils ont disparu il y à quelques mois. Quand un copain n'a rien trouvé de mieux que de m'envoyer un sms : "je t'ai trouvée.. mot-a-mot, c'est toi".

Depuis chaque fois que j'écris, c'est avec des larmes plein les yeux. Et pas d'émotion douce, pas parce que ça me fait du bien, oh non. Juste parce que je suis en colère, tellement, d'avoir perdu la seule chose dont j'étais fière.
# Posté le lundi 14 avril 2008 05:55
Modifié le lundi 14 avril 2008 20:29

Un morceau de rêve.

Un morceau de rêve.
..
.

Je ferme les yeux, et je vois un endroit à moi.
C'est un lieu calme, aux couleurs chaudes et douces.
Elles invitent à la tendresse, à la passion. Ce lieu, c'est une pièce. Pas trop grande. Je n'ai pas les dimensions précises dans la tête, et les contours en sont floutés par des superpositions de tissus. Sur ces tissus, je pique des bijoux. Colliers, boucles d'oreilles, peut-être même des bracelets. Une bague ou l'autre, disséminées ça et là, mais pas trop. Surtout pas trop.
Le long des murs, des rideaux, se tiennent des meubles anciens. Les tiroirs en sont entrouverts. A l'intérieur, on y trouve de la lingerie. De jolis ensembles coup de coeur. Qui mettent les corps, les corps un peu trop minces en valeur. La taille maximale est un bonnet C. Je sais, ça ne plaira pas à tout le monde, tout comme ça ne conviendra qu'à une partie des gens. Mais ce lieu m'appartient, ce lieu est une partie de mon reflet. On y trouve aussi quelques objets coquins. Mais pas salaces, non. Féminins, sexys, sensuels. Des objets qui invitent à l'amour amoureux. Sur le dessus des meubles anciens sont exposés quelques petits objets décoratifs. Les dominantes sont le rouge, le pourpre, le bordeau, le mauve, le parme. Il y à de l'encens qui brûle. Mais on le sent à peine.

Au milieu de la pièce, des portants. Sur ces portants, des vêtements. Blouses, t-shirts, chemises. Il y à très peu d'exemplaires de chaque taille. Pour donner l'illusion d'être unique, à défaut de l'être réellement.
Quelques robes. Très peu de jupes. Les pantalons, eux, sont imbriqués dans des petites étagères murales.



Ce lieu, que je vois quand je ferme les yeux n'est qu'une ébauche.
L'ébauche d'une petite boutique dont je n'ai pas encore trouvé le nom.

J'aimerais beaucoup qu'au fond se trouve un petit comptoir, avec une caisse à l'ancienne.
Juste derrière, il y aurait moi.
# Posté le samedi 05 avril 2008 15:34

Meurtrissure. Meurtrière.

Meurtrissure. Meurtrière.
..
..

15 jours sans lui. Il me rejoint ce soir, j'ai le coeur qui bat. Je range une dernière fois les affaires qui traînent sur le sol, vérifie que je sens toujours aussi bon qu'il y à dix minutes. Parfait. Mon gsm vibre. Un nouveau message s'affiche.
" Je suis en bas de chez toi :-) ". Je descends les escaliers en un saut, cours à travers le salon, mais prends le temps de m'arrêter trois secondes derrière la porte. Que j'ouvre enfin. Il est là, et ça m'assaille, j'en tressaille. Il est si beau que j'en ai la tête qui tourne. Il pleut dehors, mais je me jette dans ses bras. Il me serre contre lui, mais, je dois rêver, j'ai senti un petit mouvement de recul.

On entre, on se raconte un peu ces quinze jours, mais assez vite, on se retrouve allongés. Nos mains réapprennent nos corps comme s'ils s'étaient quittés la veille. Mais il s'interrompt. Pour dire ces mots qui m'empêchent de respirer : "je ne suis plus sûr".
Il a l'air tellement sérieux, c'est une terreur froide qui glisse dans mes veines. Pas de larmes, juste le choc. Il ajoute que "ça" va surement revenir, que je ne dois pas trop m'en faire, et que si je préfère, il passe la nuit chez lui. On en reparlera demain. Dans un état second, je le laisse quitter la maison. Je retourne dans tous les sens ces quinze derniers jours de coups de fils et de sms pour me rassurer. Ils étaient normaux, tendres, amoureux. Mais il est si facile de tricher avec des mots. Je le sais aussi. Je fais le tour de la maison plusieurs fois. Mes parents, ma soeur, personne n'est là. J'ai le coeur gros, une boule dans la gorge qui ne cesse de grossir. Ou que je regarde, il y à des photos de nous deux. Quand je ferme les yeux, les souvenirs se battent pour passer premiers. Il y en à trop, ça me brûle les yeux, mes jambes fléchissent. J'attrappe le téléphonne, même s'il ne sait plus, je veux passer la nuit avec lui.
Une sonnerie, deux sonneries, une voix décroche.
C'est une fille. Je demande agressivement qui elle est. Non, je ne pense pas à une erreur de numéro, je connais trop bien le sien. Mais l'angoisse s'intensifie pendant qu'elle me répond. Elle a son téléphonne dans les mains, il lui a laissé le soin de répondre. Qui est cette fille et comment se fait il qu'elle a obtenu ce droit là?
Elle répond d'un rire, d'un sourire qu'elle s'apelle Estelle. Ne demande même pas qui je suis. Je suppose qu'elle a du voir s'inscrire sur l'écran "Nam", elle sait qui je suis. Elle finit sa présentation par : " Je suis sa copine". J'ai le coeur en miettes, mais je cours quand même jusqu'à chez lui. Consciente qu'elle sera là. J'ai envie de vomir à chaque pas. Mais je résiste.
Quand j'arrive, il a la déscence de la faire sortir. Il me serre contre lui, et me dit qu'il n'y a rien de sérieux entre eux. Je pense qu'elle est belle, et que j'avais mis toute ma confiance, tout celle que je n'accorde à personne en lui. Même quand il m'a confié ses doutes, jamais je n'ai pensé à une autre. Je suis comme anesthésiée.

Ma vue et mes souvenirs se brouillent ici. Je sais simplement avoir fait plusieurs allers-retours aux toilettes pour vomir. L'avoir laissé là avec une douleur si terrible que je titubais plus que je ne marchais. Je l'ai haï tellement. En comprenant que quoi qu'il se passe, il ne reviendrait pas. Je voulais le serrer à l'ettoufer. L'emprisonner. Qu'il entre en moi et ne me quitte plus jamais. En même temps j'avais si mal que je rêvais qu'il meure.

Le soir, il m'a rejoint chez moi. M'a promis que cette relation était toute nouvelle, et née après ses doutes. Qu'il était désolé de me faire souffrir. J'ai même esquissé un sourire. Je ne croyais pas en ses regrets. Je pensais juste il m'a trompé. Je voulais qu'elle reste l'autre, l'intruse, une pourriture. Une maladie, qui s'en va comme elle est venue. Pas une fois je ne me suis demandée si je voulais continuer cette relation sur un cadavre. Non, je voulais juste qu'elle souffre, qu'il souffre aussi, et que tout redevienne comme avant. Ce soir là, on a fait l'amour. Plusieurs fois. Je ne comprenais rien, mais sa peau m'empêchait de sombre. Il est partit très tôt le lendemain matin.. Sans me dire s'il allait revenir.

Par hasard, le lendemain, je les ai croisés ensemble dans le centre commercial de ma ville. Elle l'attendait à une table de brasserie, et lui faisait la file chez un bijoutier. La situation me paraissait absurde. Oui, je pouvais l'imaginer offrir un bijou à une fille. Mais pas à une autre que moi. Et encore moins un bijou venant d'une de ses vitrines ridicules ou tout est en or, de cet or doré et affreux. Je l'ai rejoint, il a eu l'air surpris. J'ai parlé très calmement au vendeur. Je voulais savoir à quelle date il avait commandé ce fichu bijou. Affreux, en plus. " Le 3 mai". A mon visage décomposé, le vendeur a compris que quelque chose clochait. Je lui ai facilitié la tâche : "Il me trompe, j'avais envie d'avoir une idée plus ou moins précise du début de cette relation."

Le bijou en question était une sorte de long poinçoin, en or. Je l'ai attrappé, et j'ai filé. Une seule idée en tête. La lucidité m'a permis de penser à glisser l'objet le long de mon corps, et de ne pas le tenir comme une arme. Pas tout de suite. Arrivée à la table de cette idiote, j'ai sortit son cadeau. Et je lui ai planté plusieurs fois dans le dos. Du plus fort que je le pouvais.

J'ai su à l'hopital psychiatrique qu'elle était morte. Ils m'y ont conduit de force. Il vient me voir parfois. De la culpabilité mal placée, je suppose. Il a foutu ma vie en l'air, et tué une greluche. Exterminé trois ans d'amour d'une façon si laide..
Le médecin m'a demandé hier si je regrettais mon geste.

" Non, bien sûr que non. Je suis parfaitement consciente qu'il ne reviendra pas parce que j'ai tué l'autre. Mais je voulais qu'elle souffre, qu'il soit brisé. Je ne voulais pas souffrir seule. Jamais plus je ne veux souffrir seule."
# Posté le lundi 31 mars 2008 06:16
Modifié le mardi 01 avril 2008 11:40

Tu tiens ma jOie, ma peine, entre tes mains.

Tu tiens ma jOie, ma peine, entre tes mains.
Son regard un peu dur. Des mots jetés comme ça, sans trop réfléchir. Juste parce que l'énervement, la fatigue laissent filer un peu trop facilement des phrases piquantes. Que j'interprête mal, évidemment. La peur prend le pas sur la réflexion. Je sens mon corps qui se tend. J'ai très mal dans le cou, soudainement. Je retiens mon souffle. Ravale mes larmes, sinon je n'arriverai pas à sortir un mot. Cette drôle de sensation d'être là, et en même temps très loin. Une certitude douloureuse me paralyse. Les mots tournent en boucle dans ma tête, bien trop vite. Besoin d'être seul, c'est ce qu'il a dit. Et va savoir pourquoi j'imagine le pire. Il est en train de me quitter. C'est ce qui me vrille les oreilles. Il me quitte. C'est fini. J'ai des tonnes d'images qui valsent devant mes yeux. Elles font mal. Je m'accroche, et lui demande de combien de temps il a besoin. Mes pensées s'emmêlent, je pense c'est la fin, je pense il a besoin de temps, une pause, mais une pause, ça n'existe pas, une pause, c'est dire c'est fini mais je ne suis pas capable de te détruire en une seule fois. Je retiens mes larmes si fort que mes mâchoires crissent quand je lui redemande de combien de temps au juste, il a besoin.

A son regard, je sais que je me suis trompée. Que tout ça, c'est dans ma tête. Qu'être un peu seul signifiait simplement passer une fin de soirée en tête à tête avec lui même.
Mes barrières maintenues par le fil ténu de cette tension dans tout mon corps lachent enfin.
Je n'avais plus eu si peur depuis.. Longtemps. Plusieurs années, je crois.
Je suis soulagée, et pourtant, c'est à cet instant que je perds les pédales. Plus capable de respirer, des larmes à n'en plus finir, et une colère effroyable, mais courte. Un élan de rage. J'ai eu si peur. Ma tête menace d'exploser, ça fait si mal, si mal. J'avais oublié que la terreur est aussi physique, que l'angoisse donne envie d'hurler de douleur, parfois. Tout tourne autour de moi, j'ai comme une envie de vomir, comme une envie de partir très loin et de ne pas revenir. Cette sensation se dissipe vite.


Et ce constat qui m'effraye au plus au point, quand la nuit, je m'endors enfin, le nez dans son t-shirt, à défaut de ses bras : il tient ma peine, ma joie, entre ses mains.
# Posté le mercredi 19 mars 2008 06:03

Une petite fiction, une de plus.

Une petite fiction, une de plus.
..
.


Une petite fiction.
A croire que pour le moment, je préfère entrer dans la vie d'une autre =)
Ici.. Cette idée m'est venue d'un constat tout simple : même si l'on peut souhaite qu'une personne disparaisse de notre vie parce qu'elle nous a fait bien trop de mal, il y aura toujours un moment, un instant, même court, ou on rêvera d'entendre à nouveau sa voix. Juste une fois. Juste le temps qu'elle murmure : je pense encore à toi.


Tout va de travers. Depuis le réveil. Tendre le bras pour éteindre cet appareil de toture. Se rendre compte que mon bras va juste un peu trop loin. Bam.. Le livre par terre. Et bien sûr, en plus de croquer la couverture, le choc a également envoyé valdinguer au loin le signet. Je souffle, me lève. Trop vite, un vertige.

Je respire doucement. Rester calme, ou rien n'ira.

Bref coup d'oeil par la fenêtre. S'il tombe juste une fine pluie, les flaques d'eau se sont amoncelées dans la rue. Tant pis, je mettrai ma jupe un autre jour. Je farfouille, perds un temps fou, mais évidemment, le pantalon que je veux est dans le panier au linge. Tant pis, j'attrappe deux fringues qui vont vaguement ensemble. Après ma douche, je les enfile. C'est une colère un peu amère qui me tient. Dans le miroir, j'ai les larmes aux yeux, et absolument aucune envie de sortir.

Tant pis..

Et la journée passe sur ce mode là. Solitude un peu forcée, un peu cherchée que rien ne vient troubler. Les rares personnes qui s'y essayent tombe sur une fille un peu lasse, passée en mode automatique : "oui, oui, non, oh ? tiens. Oui, c'est vrai." Je reste seule, et la frayeur se fraie un chemin, s'enroule autour de mon cou.

Cette vie est si.. Etrange.

Une boule de nostalgie est venue se loger en moi. Ou es tu ? J'y pense pendant plusieurs heures. Ou est-il ? Des mois que je ne le croise plus. Ce n'est pas qu'il me manque, c'est que.. Je ne sais plus rien de lui. Je ne sais même pas s'il habite encore au même endroit.

Le soir, je laisse traîner ces mots l'espace d'une demi heure, sur mon blog personnel.
"Ou es-tu ?"
Ces mots dont il me serait si simple de justifier la présence parce qu'ils sont également le titre d'un roman bien connu.

Peu avant d'aller me recoucher, j'efface ces mots.
Ca ne sert à rien.
Je ne sais pas ou il est, ce qu'il est devenu, ni s'il pense encore parfois à moi.

J'ai besoin d'une bonne nuit; j'éteinds mon gsm.
Au réveil, les premiers mots sur les quels je tombe, sur l'écran de mon gsm, qui me parviennent d'un numéro que je reconnais avec un peu trop de facilité me rassurent.

" Derrière toi. Tout près. Comme une ombre. A chacun de tes pas, je serai là."
# Posté le jeudi 06 mars 2008 11:01