Ca peut paraître un peu bête, un peu stupide d'essayer de retenir l'amour de toutes ses forces, alors que de toute évidence, il a déjà fichu le camp au loin.
Il est temps qu'elle passe à autre chose.
Oui, mais.
Moi, je me rappelle.
Je me souviens il y à quatre ans. L'exaltation et le bonheur. Les quelques mois sur un nuage, à monter plus haut d'heures en heures.
Et la chute qui n'a pas manqué d'arriver. La salope. Parce qu'un premier amour..
Bien sûr ça a fait mal. Bien sûr, j'en verrai d'autres, et des bien pires, je suppose.
Mais j'avais 15 ans, et mes idéaux tous fraîchement ébranlés.
Une question qui me tournait sans cesse dans la tête : " S'il m'aimait hier, ou est passé son amour? "
Une telle incompréhension.
Cette magie de l'amour qui le quitte, et qui me reste en travers de la gorge, qui me brûle le coeur et les yeux. Ces promesses que je n'aimerai plus, après lui.
Trop absurde, cette idée, d'en serrer un autre contre moi, les larmes aux yeux de bonheur.
Et ces paroles qui se veulent réconfortantes, ces phrases qui me tombaient dessus. Amis, famille, tous ces gens effrayés du vide qui naissait au fond de mes yeux.
Tu vaux bien mieux.
Arrête de le voir.
Ne lui parle plus. Oublie le.
C'est un connard, pleure pas pour lui.
Prends un autre amoureux.
Du vent, tout ça.
Du vent détestable. On se sent seulement un peu plus seule de n'être pas capable d'avoir seulement envie d'autre chose.
Bien sûr que je voulais aller mieux. Mais.. Avec lui.
Le reste, aller bien sans lui? Non, mais vous rigolez? Aller mieux s'il n'est pas là..
Et la voix qui se brise.
Et les yeux qui s'remplissent partout. Une prise de conscience lamentable : dans une école, on ne sait se cacher nulle part pour chialer de toutes ses forces. Alors, je me retiens tant que je peux, et je m'éffondre dans les bras de parfaits idiots.
Mais la pire de toutes ces petites phrases : " Tu l'oublieras, ne t'en fais pas."
Oh, mais si, je m'en faisais.
Parce qu'oublier.. Quelle idée.
Oublier ses yeux dans les miens?
Oublier la plus jolie partie de ma vie.. Pourquoi?
Pour du vide.
C'est plus tard qu'on se rend compte..
Que si c'est fini, ce n'est pas pour rien.
Les seules images que je rêvais de chasser, c'était moi qui m'accroche à sa main, qui le supplie de ne pas partir.
Moi qui l'implore. Moi qui promet, d'être une autre si ça me permet de le garder. De me mettre plus nue encore que ce qu'il a déjà vu.
De faire l'amour, et tant pis si je n'en ai pas envie, tant pis si mes lèvres ne lui suffisent plus.
Tant pis si je n'avais que 15 ans. Je me mettais déjà à genoux, alors, pourquoi pas ? S'il continuait de me caresser les cheveux..
Mais les souvenirs, les bons, les merveilleux, je ne voulais que les garder.
Nos rires.
Même si y repenser m'arrachait des larmes.
Nos coups de téléphone.
Même si mon téléphone silencieux me broyait en deux.
Nos endroits préférés.
Même si me souvenir de tout ça me retournait le ventre.
C'est si dur d'accepter d'oublier.
Parce qu'oublier..
C'est renoncer.
Aux derniers morceaux d'espoir qui s'accrochent du plus fort qu'ils peuvent.
Aux étoiles qu'on sait briller au fond de ses yeux à lui quand il sourit. Et qu'est ce que ça peut faire que les autres se marrent quand j'en parle? Je les voyais moi.
A son odeur, à s'enrouler dans son vieux pull, à regarder nos photos.
Oublier, c'est arracher nos souvenirs des murs, oublier c'est en embrasser d'autres sans rechercher son goût à lui. C'est se dire que c'est fini, vraiment fini.
C'est découvrir que sans ses photos au mur, le mur a l'air bien vide. Et qu'en fait, le plus vide, dans la pièce, c'est nous.
Alors, je me souviens.
Qu'il n'y à eu personne pour m'aider à ça.
Que l'amour, ça vient, ça s'intalle, ça broye et à la fin, ça s'en va.
Doucement, douloureusement.
On lui en veut, à ce con, à ce salopard qu'on voudrait voir mort mais à qui on passe tous les caprices.
On lui en veut, à celui qui nous fait jurer de ne jamais l'oublier. On lui en veut de sa jalousie. On lui en veut de venir nous chercher devant l'école, de remettre notre blouse correctement, pour pas qu'un autre ait envie de toucher ce qui lui appartient. On lui en veut de nous surveiller.
Mais on crève tellement quand il s'arrête. Qu'il nous dit, que putain, il est amoureux! Et que nous deux, c'était bien, mais ça fait longtemps. Qu'il faut plus pleurer, que c'est la vie.
Puis, je me souviens d'un jour..
Je me suis levée, un peu plus facilement, j'ai souri juste un tout petit peu plus sincèrement.
Et que ce jour là, il a tout gâché avec un peu de cruauté.
A partir de ce moment là, je lui en ai juste voulu. J'ai encore beaucoup pleuré. Mais ça n'était plus pareil..
Un déclic.
Les mois ont passé.
*Il a pris sa place, doucement.
Tellement doucement que je ne m'en suis pas rendue compte facilement..
J'aimais à nouveau me lever le matin, ça aurait du me mettre la puce à l'oreille.
J'ai arrêté de pleurer tous les jours, arrêté d'avoir besoin de le voir, craint les rares fois ou ça arrivait malgré nous.
Cette sale sensation de coeur qui s'emballe, de mains qui deviennent moites, et de souvenirs qui prennent à la gorge. J'ai craqué quelques fois, je lui ai hurlé dessus. J'ai pleuré dans ses bras. Je l'ai embrassé trop souvent, quand il profitait de ma faiblesse. J'ai appris à ne plus en souffrit. D'avoir ses lèves un soir, et plus rien le lendemain matin.
Et ça m'est passé..
Il ne m'aura volé qu'une année de sourires.
Là, ça fait 4 ans qu'il est partit.
Trois ans que je l'ai oublié.
Et deux et demi qu'un autre me rend bien plus heureuse.
Qu'il m'indiffère au quotidien, mais qu'heureusement, parfois, j'arrive à m'en souvenir avec le sourire.
Que je n'ai pas tout perdu. Puisqu'à présent, je sais qu'il est content que j'sois heureuse. Et que je lui souhaite un belle vie, moi aussi.
Alors, lui dire "oublie-le!", je ne le ferai pas.
Bien sûr, c'est ce à quoi elle doit arriver, ou elle va mettre sa vie en parenthèses, bien sûr il faut qu'elle se décide, bien sûr.
Mais ça ne sert à rien de la convaincre.
Ca se passe à autre niveau.
Ca se débat dans son coeur.
Et contre ça, y à rien d'autre à faire qu'attendre.
* Je sais plus si c'est ta voix qui m'donne la nausée au réveil, ou si c'est le gris au dessus des toits. *
![[Il perd son temps.]](http://f0.img.v4.skyrock.net/f08/m0t-a-m0t/pics/831928293_small.jpg)