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J'ai trouvé votre carte d'identité dans la rue. Juste en face de mon magasin préféré. Et parce que j'avais encore cette chanson de Cabrel dans oreilles, celle qui dit que bien souvent, le hasard est un rendez vous, j'ai choisi d'y voir un signe. Et ne me suis donc pas contentée de la ramasser. J'aurais pu la rapporter à l'intérieur du magasin, ou au commissariat le plus proche, mais ces paroles raisonnaient encore un peu trop.
Mais n'allez pas croire que cette chanson, non, la raison principale est plus simple, plus évidente. Votre photo.
Pas seulement pour votre physique, bien que, pour ne pas vous mentir, je vous ai trouvé très beau. Ma première pensée a d'ailleurs été de me demander quel genre d'amant vous pourriez être. Je me suis fait ma petite idée, et je l'espère assez juste.
A ce stade, vous êtes surement en train de vous demander pourquoi chaque fois qu'une fille névrosée se trouve sur votre chemin, invariablement, elle vous colle des emmerdes. Je vous comprend. Peut-être vous interrogez vous sur mon tour de poitrine. Là, au risque de vous décevoir, je vais une fois de plus jouer la carte de l'honnêteté : je remplis un petit 85B. Comme ça, pas de surprises. Pour les névroses, par contre, ça sera à vous d'en juger s'il vous en dit.
Je m'éloigne.. Si je vous écrit; c'est tout simplement à cause de votre regard. Je ne me lancerai pas dans les platitudes habituelles, ou sur le bleu magnifique et enivrant qui y brille au fond. Votre regard me rapelle mon adolescence, mon premier amour. Si je me permets cette lettre, c'est que votre nom m'est parfaitement inconnu. Vous ne ressemblez absolument pas au garçon que j'ai connu, mais vous possédez cet éclat. Ce rien qui (me) désarme.
Si j'ai pris le temps avant de vous contacter, c'est parce qu'avoir ce regard au fond de mon porte feuille a réveillé des souvenirs enfuis. Et s'ils ont d'abord été douloureux, ils m'ont aussi permis de revivre une sensation depuis longtemps oubliée. J'ai repensé à lui, et à cette période pendant plus d'une semaine, grâce à vous. Je me suis souvenue m'être noyée dans son regard. Et en jetant un dernier coup d'oeil à votre photo, je recommence à perdre pied. Je croule sous les souvenirs, mais je me sens légère. Ce mélange détonnant d'émotions me plait, finalement.
Vous pouvez trouver ma démarche absurde, désepérée, stupide, que sais-je. Vous pouvez aussi décider de n'y prêter aucune attention.
Mais vous pourriez aussi me répondre. Et peut-être un jour me permettre de voir si face à vous aussi, je perdrais pied.